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Parce que le vent d'Hiver arrive, profitons des dernières sensations calientees Rimbaud. Mars 1870.Sensation
Le Marin, de Pessoa , extraits" C’est ailleurs seulement que la mer est belle. Celle que nous voyons nous donne toujours la nostalgie de celle que nous ne verrons jamais..."
" ... Je meurs d’envie d’entendre les musiques étranges que l’on doit jouer maintenant dans les palais des autres continents...Il fait toujours loin dans mon âme... C’est peut-être parce que, quand j’étais petite fille, je courais derrière les vagues au bord de la mer. Je tenais la vie par la main entre les rochers, à marée basse, à l’heure où l’on dirait que la mer a croisé les mains sur son cœur et qu’elle s’est endormie, comme une statue d’ange, afin que jamais plus personne ne regarde..." "Je rêvais d’un marin qui se serait perdu sur une île lointaine. Sur cette île il n’y avait que quelques palmiers, tout raides, des oiseaux tournoyaient autour... Je n’en ai pas vu se poser... Depuis qu’il s’était sauvé du naufrage, le marin vivait là...Comme il n’avait aucun moyen de revenir dans sa patrie et comme il avait mal chaque fois qu’il s’en souvenait, il se mit à rêver à une patrie qu’il n’aurait jamais eue ; il se mit à faire qu’une autre patrie qui aurait été la sienne, une autre sorte de pays, avec d’autres sortes de paysages, et d’autres gens, et une autre façon de marcher dans les rues et de se pencher aux fenêtres... À tout instant il construisait en rêve cette fausse patrie, et il ne cessait jamais de rêver, le jour sous l’ombre mince des grands palmiers, qui se découpait, ourlée de pointes, sur le sol sablonneux et chaud ; la nuit, allongé sur la plage, sur le dos, sans voir les étoiles." "Un jour qu’il avait beaucoup plu et que l’horizon était très incertain, le marin se lassa de rêver... Il voulut alors se rappeler sa patrie véritable..., mais il vit qu’il ne se rappelait de rien, qu’elle n’existait pas pour lui...Toute l’enfance dont il se souvenait, était celle de sa patrie de rêve; l’adolescence dont il se souvenait, était celle qu’il s’était inventée. Toute sa vie avait été la vie qu’il s’était rêvée... Et il se rendit compte qu’il n’était pas possible qu’une autre vie eût existé..." La prose du Transibérien, Blaise CendrarsEn ce temps-là, j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours Car mon adolescence était si ardente et si folle Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. Et mes yeux éclairaient des voies anciennes. Et j'étais déjà si mauvais poète Que je ne savais pas aller jusqu'au bout. Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or,
Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l'or mielleux des cloches... Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode J'avais soif Et je déchiffrais des caractères cunéiformes Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci, c'était les dernières réminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer. Horizons nomadesLes montagnards Chaouias ont un mode de vie semi-nomade qui se partage entre les hauteurs rudes et désertiques des Aurès lors des transhumances de leur cheptel, et les vallées au charme savamment cultivé par l’abondance des arbres fruitiers et des plantes aromatiques. L’économie de ce peuple de la montagne est conçue autour de l’exploitation des ressources naturelles, l’apiculture, l’arboriculture, mais aussi l’artisanat, par le travail du bois, la fabrication d’huile, de bijoux, la cordonnerie ou encore la meulerie. Les Chaouias cultivaient également la poésie avec soin, leurs poètes ont joués un grand rôle dans la sensibilisation intellectuelle des algériens. La richesse de leur culture est transmise par l’oralité des légendes et des contes berbères parmi lesquels on retrouve deux reines guerrières « la Kahina » et « Fatma la rousse » qui instaurèrent un régime matriarcal et combatirent toutes deux les invasions barbares. L’art de dire la philosophie de la nature, l’humour, l’amour, et les combats épiques donne au peuple Chaouia une réputation bien plus raffinée que d’autres tribus de ces hauts plateaux. La place de la femme dans la culture Chaouia est un exemple de parité qui fait parfois défaut à nos sociétés modernes : sa collaboration avec l’homme pour les taches quotidiennes et son rôle de conseillère avisée, la maintiennent à un rang d’égalité. |
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