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Parlez moi d'Amour!

 
"On a passé du temps à la plage
et puis
On a couru aprés un chat sauvage
et puis
On a posé nos mains sur un cartoon
et puis
On est descendu le long du rivage
Dessins animés, c'est ce qu'on est"
 
 
 
Ce mardi 15 Avril à 18h au Molodoï à Strasbourg:
Notre tout nouveau tout beau spectacle  déjanté de cabaret foufoufou, pour la modique somme de 4 euros.
Au menu: 5 incroyables nanas, 1 garçon fantastique, des choré d'enfer, des chats, du chocolat, de la tendresse, de la violence, de la spiritualité!!!
Les enfants sont admis car c'est rigolo.
Avec Aline B, Agathe Bouvet, Emilie, Pauline, Océane Chocron , et Mathieu Shmitt pour les arrangements et la musique. Et Zouaoui Chebbab pour la mise en scène.
 

Alone With Everybody

 

Pièce de théâtre : "Alone with everybody"
Salle du Munsterhof
9 rue des Juifs
67000 Strasbourg
le 3 Mars à partir de 20h15,
entrée gratuite

Derriere ce rideau, il y a un bar, perdu dans le no man's land, où les noctambules se racontent autour d'un verre ou d'une chanson. C'est l'heure où les masques tombent et révèlent les obsessions, les fantasmes et la solitude.

Avec Aline BEHA, Daisy BERNON, Océane CHOCRON, Marian FERNIQUE, Alexis FREUND, Pauline GRAMPP, Rémy JOANS, François KAYSER , Louise KOLAÏ, Alexandra LOEGEL, Myriam REBREYEND, Christelle SEBILLAUD

 

 


 
ALONE WITH EVERYBODY

  the flesh covers the bone
and they put a mind
in there and
sometimes a soul,
and the women break
vases against the walls
and the men drink too
much
and nobody finds the
one
but keep
looking
crawling in and out
of beds.
flesh covers
the bone and the
flesh searches
for more than
flesh.

there's no chance
at all:
we are all trapped
by a singular
fate.

nobody ever finds
the one.

the city dumps fill
the junkyards fill
the madhouses fill
the hospitals fill
the graveyards fill

nothing else
fills.

louise-brooks-2


Charles Bukowski

Je cours_ Loic Lantoine

En concert hier soir dans la petite ville de Schiltigheim où j'ai élu domicile. Loic Lantoine parolier et interprète de "An Ons" françaises engagées, n'était pas en reste avec son comparse François Pierron et leur poésie, leur parler juste et leurs coups de gueule.
 
 
Les cheveux de ma sœur, capturés par ma main
Fallait pô qu'elle m’embête
Là faut qu’on se console,
Son sourire sous ses larmes
J’lui dirait qu’j’l’aime demain ..
En attendant, Frangine,
Nos joies creusent des rigoles
Les dix balles à bonbons piquées à ma maman
A la bourse de l’amour font une fortune d’un rien
Son cahier à chansons chanté de temps en temps
Quand je m’en foutais bien
J’avais tout .. Les miens ..
Les soirs de réveillons, on osait s’embrasser
M’en fous du .. comment ? .. Père noël
Faut voir c’qu’on était beau
Et les dimanches d’ennui où mon père me f’sait des jouets, Ouais !
Comment on dit par chez nous …
Ch’est du sang, ch’est nin d’l’eau
C’est du sang, c’est pas d’l’eau

Je cours
Dans l’autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Et je cours ..

Plus tard des amitiés qui s’oublient doucement
M’ont bousculé la tête
On s’est tant canaillé, on fumait en cachette
T’as vu l’voyou .. Le grand !
On trichait à l’école, même pendant les dictées
On a dragué les filles ..
On en a eu quelques unes qui m’ont appris des trucs ..
J’aurai jamais cru ça !
J’ai su qu’un p’tit derrière, ça pouvait être une dune
Qu’si tu mélanges des lèvres..
Bah t’as le cœur qui bat !
On s’est construit le monde, avec nos regards neufs
Le lendemain un autre venait le remplacer
On avait tout compris .. De la poule ou de l’œuf
Mes frères de petit grand
Vous m’avez dessiné

Et je cours
Dans l’autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Et je cours ..

Et quelques pas plus tard, je suis tombé d’amour !
Pour une pas’pareille qui a su me faire pousser
Rien que d’y re..rêvé, je crois qu’la vie ..
J’suis pour !
Nos rires sont ma fierté, on a tout inventé
On a appris nos corps, on a mêlé nos têtes
Et on s’est ressemblé, des jumeaux amoureux
De la peur de grandir, on a fait une fête !
Y’en avait plein pour nous …
Et un peu moins pour eux.
Si les ans .. Bah voyons !
Nous on r’fait étranger
Je recompte en moi nos dizaines de milliers d’heures, alors …
Alors c’est pas toi qui m’apprendras à langer ..
Porte toi bien p’tite Madame !
Je vous rend au bonheur …

Je cours
Dans l’autre sens de la terre
Je cours et me fatigue
Je ne rattrape rien
Et le temps ne me laisse
Que souvenirs et regrets
Mais je cours ..
Et vivement demain !
 
 
  

LES GITANS Paroles et Musique: Mano Solo / Jean-Louis Solans


LES GITANS

  Il fait beau au soleil sur le pont
Je regarde les gitans de l'autre côté du port
Ils sont beaux d'ici je ne vois pas leurs têtes
Ils sont juste beaux d'être
Tous ensemble devant leurs caravanes
A s'agiter autour de leur conversation
Ils doivent parler trés fort
J'en entends des bribes par dessus le bruit des voitures
Leur présence rayonne sur le port
On sent qu'ils existent très fort

C'est pas comme l'autre qui vient avec sa porche
Surveiller son petit voilier
Ni même comme les clodos du pont
Qui eux rayonnent la résignation d'ailleurs ils sont partis
Peut-être bien à cause des gitans
Une petite boule rouge s'active autour du groupe
Elle tient un balai qui fait deux fois sa taille
Elle fait des pas immenses et secs
Et le manche virevolte au dessus de sa tête

Elle paraît chargée d'électricité
D'ici sa robe lui tombant jusqu'aux pieds
M'apparaît comme un cerf-volant
Frétillant dans le soleil de printemps

Je t'avais peints ce tableau avec des mots
Mais j'ai gardé pour moi cette lettre
Cette journée qui m'ouvrait sa fenêtre.

tziganeCroatie

Parce que le vent d'Hiver arrive, profitons des dernières sensations calientees Rimbaud. Mars 1870.

Sensation


Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.

Arthur Rimbaud

Le Marin, de Pessoa , extraits

" C’est ailleurs seulement que la mer est belle. Celle que nous voyons nous donne toujours la nostalgie de celle que nous ne verrons jamais..."
     
    " ... Je meurs d’envie d’entendre les musiques étranges que l’on doit jouer maintenant dans les palais des autres continents...Il fait toujours loin dans mon âme... C’est peut-être parce que, quand j’étais petite fille, je courais derrière les vagues au bord de la mer. Je tenais la vie par la main entre les rochers, à marée basse, à l’heure où l’on dirait que la mer a croisé les mains sur son cœur et qu’elle s’est endormie, comme une statue d’ange, afin que jamais plus personne ne regarde..."
  
    "Je rêvais d’un marin qui se serait perdu sur une île lointaine. Sur cette île il n’y avait que quelques palmiers, tout raides, des oiseaux tournoyaient autour... Je n’en ai pas vu se poser... Depuis qu’il s’était sauvé du naufrage, le marin vivait là...Comme il n’avait aucun moyen de revenir dans sa patrie et comme il avait mal chaque fois qu’il s’en souvenait, il se mit à rêver à une patrie qu’il n’aurait jamais eue ; il se mit à faire qu’une autre patrie qui aurait été la sienne, une autre sorte de pays, avec d’autres sortes de paysages, et d’autres gens, et une autre façon de marcher dans les rues et de se pencher aux fenêtres... À tout instant il construisait en rêve cette fausse patrie, et il ne cessait jamais de rêver, le jour sous l’ombre mince des grands palmiers, qui se découpait, ourlée de pointes, sur le sol sablonneux et chaud ; la nuit, allongé sur la plage, sur le dos, sans voir les étoiles."
   
     "Un jour qu’il avait beaucoup plu et que l’horizon était très incertain, le marin se lassa de rêver... Il voulut alors se rappeler sa patrie véritable..., mais il vit qu’il ne se rappelait de rien, qu’elle n’existait pas pour lui...Toute l’enfance dont il se souvenait, était celle de sa patrie de rêve; l’adolescence dont il se souvenait, était celle qu’il s’était inventée. Toute sa vie avait été la vie qu’il s’était rêvée... Et il se rendit compte qu’il n’était pas possible qu’une autre vie eût existé..."


 

La prose du Transibérien, Blaise Cendrars

En ce temps-là, j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche.

Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.
Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or,
Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches
Et l'or mielleux des cloches...
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J'avais soif
Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place
Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros
Et ceci, c'était les dernières réminiscences
Du dernier jour
Du tout dernier voyage
Et de la mer.
 
 

Horizons nomades

Les montagnards Chaouias ont un mode de vie semi-nomade qui se partage entre les hauteurs rudes et désertiques des Aurès lors des transhumances de leur cheptel, et les vallées au charme savamment cultivé par l’abondance des arbres fruitiers et des plantes aromatiques. L’économie de ce peuple de la montagne est conçue autour de l’exploitation des ressources naturelles, l’apiculture, l’arboriculture, mais aussi l’artisanat, par le travail du bois, la fabrication d’huile, de bijoux, la cordonnerie ou encore la meulerie. Les Chaouias cultivaient également la poésie avec soin, leurs poètes ont joués un grand rôle dans la sensibilisation intellectuelle des algériens. La richesse de leur culture est transmise par l’oralité des légendes et des contes berbères parmi lesquels on retrouve deux reines guerrières « la Kahina » et « Fatma la rousse » qui instaurèrent un régime matriarcal et combatirent toutes deux les invasions barbares. L’art de dire la philosophie de la nature, l’humour, l’amour, et les combats épiques donne au peuple Chaouia une réputation bien plus raffinée que d’autres tribus de ces hauts plateaux. La place de la femme dans la culture Chaouia est un exemple de parité qui fait parfois défaut à nos sociétés modernes : sa collaboration avec l’homme pour les taches quotidiennes et son rôle de conseillère avisée, la maintiennent à un rang d’égalité.